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AUDIA FLIGHT FLS10 – Le juste milieu

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Le choix d’un bon amplificateur à transistor n’est pas une chose si facile.

Outre que l’offre peut être qualifiée sans conteste de pléthorique, les solutions techniques proposées par la multitude des constructeurs offrant leurs produits ne rend pas l’exercice du choix plus facile.

Faut-il acquérir un ampli puissant, avec une faible distorsion, avec un facteur d’amortissement élevé ou encore doté d’une impédance spécifique ?

Et il y a beaucoup d’autres critères qui peuvent faire débat…

 

Notre pratique de professionnels nous a appris à ne pas nous laisser emporter sur ces seuls critères techniques.

Nous connaissons quelques amplificateurs par exemple dont le facteur d’amortissement est plutôt bas. Et pourtant leur musicalité est exceptionnelle.

Nous en connaissons d’autres qui, sur le papier affiche peu ou beaucoup de Watts et pourtant à l’arrivée, nous n’avons pas l’impression qu’ils manquent de souffle.

 

 

Le premier contact avec l’Audit Flight FLS 10 peut apparaître déroutant.

 

Non pas d’un point de vue esthétique, cet appareil étant magnifiquement construit.

 

On ne peut pas dire qu’il fasse partie des poids légers. 37 kilogramme sur la balance, effectivement on ne peut pas dire qu’il n’en impose pas de ce côté là aussi…

 

 

Côté puissance, avec ses 2 x 200 W par canal sous 8 ohms, il ne manque pas de réserve d’énergie et pilotera avec aise toutes les enceintes acoustiques du marché.

Evolutif, il l’est assurément puisque l’on peut lui adjoindre un module phono ou un DAC pour quelques centaines d’euros supplémentaires.

 

Non, c’est davantage l’image sonore au premier abord qui s’avère déroutante, tant se dégage une plénitude d’écoute qui va très loin. Bien évidemment, la question qui se pose très rapidement est celle du caractère très – trop – sage que le FLS 10.

Ne manque-t-il pas quelque chose ?

Franchement non. Car malgré son prix de 9500,00 € TTC, son positionnement tarifaire reste excellent et le rend apte à donner du fil à retordre à la concurrence, même plus onéreuse.

 

 

Et puis, une écoute attentive vient très vite nous rassurer. Tout est en place et bien en place d’ailleurs.

Les aigus sont particulièrement ciselés, légers, aériens.

Un enregistrement comme Peer Gynt par Sir Neville Marriner se distingue tout particulièrement, sans éprouver ce côté un peu excessif de cet enregistrement que l’on perçoit très souvent niveau médium et aigus qui sont très affirmés.

Question médiums, le FLS 10 nous gratifie d’une perspective sonore très intéressante. Les voix sont portées avec un détourage et un niveau de précision des vocalises qui sont vraiment enviables.

La voix de Julia Letzhneva offre une perspective à la fois dynamique et très naturelle. Les envolées de la soprano sont à la fois enlevées et piquées à souhait, ce qui nous permet de dire également que le FLS 10 est très rapide et qu’il sait apporter une extinction de notes d’un bon niveau.

Avec Archie Shepp, le saxophone nous est restitué avec toutes les subtilités de ses harmoniques et avec un niveau de précision, qui sans être chirurgical, reste néanmoins capable de nous faire découvrir beaucoup de subtilités et de détails à l’écoute de l’enregistrement.

 

 

C’est bien cela qui est demandé à un amplificateur de qualité.

 

Au niveau des graves, le FLS 10 n’est pas en reste. Nous ne prétendrons pas que les graves qu’il nous distille sont gargantuesques – et c’est très bien ainsi – mais offrent une assise au dessus de tout soupçon. Avec Master Of Chinese Percussion de Yim Hok-Man, l’énergie des percussions chinoises nous est restituée avec beaucoup de réalisme et de vigueur.

 

Dans Jazz Meets The Symphony par Lalo Schiffrin, le jeu de la contrebasse et le pincé des cordes, face à l’orchestre, offrent beaucoup de densité et de matière, sans compter la jovialité du jeu de l’artiste qui apporte un sentiment de vie. Les proportions sonores y apparaissent également particulièrement réalistes.

 

Le respect de la bande passante de la part du FLS 10 se fait aussi avec beaucoup de sérénité. Le FLS 10 se met en quatre pour décortiquer de la manière la plus naturelle qui soit les signaux électroniques faibles et forts pour nous apporter une image sonore construite et cohérente. L’étagement des plans sonores est éléguant, tant en profondeur qu’en largeur et est défini de façon conviviale et chaleureuse. Aucun groupe d’instruments dans un orchestre symphonique n’est oublié sur la route.

L’écoute de la 5ème symphonie de Malher par Riccardo Chailly est impeccable. La puissance de l’orchestre tout comme les subtilités tonales de l’œuvre nous sont ici bien retranscrits.

Dans Spirit of The American Range, la finale de la 3ème symphonie de Copland nous apporte une exécution orchestrale ample et riche tonalement. La rutilance des cuivres nous est très bien restituée. Les percussions nous permettent de ressentir l’énergie qui s‘en dégage sans aucune peine. Mais c’est surtout la stabilité de l’image sonore qui est à noter d’une croix blanche avec une tenue des tutti qui bien supérieure à ce qu’il est possible de constater généralement au niveau de la concurrence de ce niveau de prix.

Vous voulez déguster un bon petit concert avec les Pink Floyd ?

Aucun souci. La présence de la scène ne posera aucun problème au FLS 10. La restitution de l’émotion du concert n’en posera pas davantage. Une restitution à la fois chaleureuse et vivante vous sera apportée avec un dimensionnement de la scène réaliste. La fidélité de la restitution sonore apporte ce qu’il faut pour s’y plonger sans peine. L’émotion et l’immédiateté de la scène nous est très bien rendue.

Il en va de même pour l’album Hallelujah Live avec Espen Lind, Alejandro Fuentes et Kurt Nilsen.

La luminosité propre à cet enregistrement est particulièrement respectée. On y perçoit la juxtaposition des trois voix de manière distincte et naturelle. Les voix n’offrent aucune projection et les dimensions de la scène avec le public au devant, apparaissent dans des proportions réalistes.

 

 

Cette aisance du FLS 10 sur tous les registres, aussi bien sur des messages complexes, que sur des musiques plus intimistes le fait entrer sans aucun souci parmi les appareils les plus polyvalents que nous connaissons. Il excelle également dans tous les styles musicaux.

Autre point fort : son aptitude à s’adapter avec bonheur à la plupart des enceintes du marché. Pourvu que le câble HP soit choisit avec discernement, vous ne prendrez aucun risque à coupler le FLS 10 avec la paire d’enceintes acoustiques de votre choix.

Alors bien sur, son caractère très mesuré ne plaira pas forcément à tous.

 

Mais personne ne pourra lui reprocher de travestir la vérité sonore. Il mettra en valeur chacun de vos enregistrements avec un égal bonheur, ne cherchant nullement à être inutilement démonstratif.

 

Avec lui, soyez sur(e) que vous allez être aux côtés d’un compagnon de route fidèle en toutes circonstances, capable de vous distiller le meilleur du son sans en faire trop ni pas assez. Equilibré, puissant et pourtant délicat, vous allez pouvoir profiter d’une restitution sonore racée et précise.

Avec l’Audit Flight FLS 10, c’est la musique, rien que la musique, mais toute la musique qui va vous être offerte.

 

Une écoute est vraiment à envisager si vous prévoyez un investissement dans cette gamme de prix.

 

Il est en écoute permanente chez Audio Design Sound.

 

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